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Et si la Corse vendait ses déchets à la Norvège ?

Et si la Corse vendait ses déchets à la Norvège ?

Et si la Corse vendait ses déchets à la Norvège ?

Alors que les décharges corses débordent, il y a des pays qui ont compris depuis longtemps que les ordures pouvaient rapporter gros.

problème des déchets à Ajaccio en Corse du Sud

A l’heure où des pays Européens importent des déchets, les poubelles corses s’amoncellent entre routes et terrasses de cafés comme ici à Ajaccio

C’est le cas de la Norvège et de la Suède. Ces 2 pays Scandinaves qui comptent respectivement 5 et 10 millions d’habitants sont des références en matière de recyclage des déchets. Plutôt que de les enfouir, il les recycle pour créer l’énergie qui chauffe, éclaire et fournit en électricité des villes de plusieurs millions d’habitants comme Oslo en Norvège. Du côté de Stockholm, les déchets sont recyclés en biogaz pour fournir en carburant les bus de la ville. Ainsi la quasi-totalité des déchets de ces 2 pays est intégralement recyclée (seulement 1% des déchets Suédois finissent dans une décharge).

avec le recyclage des déchets, Stockholm fait rouler des busUn bus circulant au biogaz issu de déchets à Stockholm

En Scandinavie mais aussi au Portugal et en Bulgarie, on paye pour faire venir les poubelles chez soi

Mais là où ça devient incroyable c’est que le système marche tellement bien que la Norvège et la Suède sont en pénurie de déchets pour faire tourner leurs centrales de recyclage. Du coup, les deux pays se sont mis à…importer des déchets!

Et cela dure depuis quelques années déjà. En 2010 lorsque la ville de Naples était secoué par la crise des ordures, la Norvège avait proposé à la municipalité napolitaine de racheter une grande partie de ses poubelles (soit 1400 tonnes d’objets par jour). Pour divers raisons, la transaction ne s’était pas finalisé et la Norvège s’était alors retourné vers le Royaume-Uni pour importer ses déchets. 

Autre exemple encore plus significatif, celui de la Sicile qui s’apprête à exporter 190 000 tonnes de déchets au cours de l’année 2016. Des ordures que se partagent le Portugal, la Roumanie ou encore la Bulgarie à un prix moyen de 140€/tonnes… soit une recette annuelle de 26 millions d’euros pour la Sicile.

La Corse a tant d’ordures à offrir… 

Alors que la Corse investi tant pour faire connaître ses produits authentiques à l’étranger, elle n’aurait pas à dépenser le moindre centime pour exporter le produit le plus en vu sur l’île ces dernières années : les ordures! Ainsi l’île aux déchets se délecterait de cette fâcheuse image qui la poursuit depuis quelque temps maintenant.

article du journal le parisien sur le problème des déchets en corse

Depuis quelques mois l’île de beauté a progressivement laissé place à l’île aux déchets dans la presse

Selon la Collectivité Territoriale de Corse, l’île de beauté produit tous les ans 380 000 tonnes de déchets. En pratiquant le tarif fixé par la Sicile, la Corse gagnerait plus de 27 millions d’euros par an en exportant la moitié de ses ordures…

En devenant fournisseur de déchets des pays Scandinaves, la Corse redorerait donc son image avec des retombées économiques et environnementales immédiates : nouveaux revenus pour la région, amélioration de la qualité de l’air respiré en Corse, l’embellissement de nos rues dans lesquelles s’amoncellent régulièrement des tonnes de déchets… Et tout ça sans avoir recours à l’incinérateur et en stoppant l’enfouissement.