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Scontri di a Tupunimia : Cap sur l’international et la jeunesse pour Cutuli-Curtichjatu

Scontri di a Tupunimia : Cap sur l’international et la jeunesse pour Cutuli-Curtichjatu

Scontri di a Tupunimia : Cap sur l’international et la jeunesse pour Cutuli-Curtichjatu

Après le concert de Petru-Santu Guelfucci, le bal et A festa di a Cultedda Corsa, la 5e édition des Scontri di a Tupunimia qui se tient ce Vendredi 19 août vient compléter la pléiade d’événements organisée dans le village de Cutuli Curtichjatu cet été. Et pour la 5e édition de l’événement lancé par le maire Jean Biancucci, les organisateurs ont fait le choix de se tourner l’événement vers les enfants et l’international.

Sauvegarder un patrimoine en péril

Pour la 5e année consécutive, la commune organise cet événement qui vise à communiquer sur la toponymie et sensibiliser à la collecte des noms de lieux menacés de disparition. Depuis 5 ans les Scontri di a Tupunimia regroupent ainsi professeurs, universitaires, étudiants, ainsi que des membres du monde associatif. Depuis l’année dernière, l’organisation a fait le choix de sensibiliser, de faire participer les enfants à la sauvegarde, à la transmission et à la diffusion du patrimoine toponymique du village au travers de cette journée.

Recenser les noms de lieux menacés de disparition : l'objectif des Scontri di a Tupunimia in Cutuli

(Re)découvrir le sens des noms de lieux

Les enfants : Artisans de la diffusion du patrimoine des villages

Pour ce faire de manière ludique, un jeu de pistes autour de la toponymie dans les rues du village avait été créé. Pour aiguiller les enfants dans leur quête, les anciens détenteurs de savoir du village étaient aussi partie prenante du jeu.

Cette année l’événement se tourne vers le numérique

Cette année le jeu est reconduit et amélioré nous révèle Solimea Biancucci, membre active dans l’organisation de cet événement. En effet grande nouveauté cette année, la Communauté d’Aglomération du Pays Ajaccien, qui est partenaire de l’événement fournie des tablettes aux enfants.

“Cette innovation va permettre aux enfants de collecter les données, qui une fois validées, pourront être saisies dans une base de données participatives à vocation cartographique. Le support et la gestion sont assurés par les ingénieurs informatiques de la CAPA à cette occasion .

Ce jeu est bien évidemment une occasion de les divertir et les amuser, mais c’est surtout leur offrir un moment de partage les re-connectant avec leur territoire, la mémoire de celui-ci, ainsi que de consolider le lien intergénérationnel.”

Et s’ouvre sur l’international

Autre nouveauté cette année, l’événement s’ouvre sur l’international avec la présence de l’Italie. L’organisation invite des linguistes de l’Università di Torino en Italie à participer aux interventions et débats qui débutent à 17h30 dans la cour de la mairie. “Une volonté forte qui nous animait depuis des années” confie Francescu-Maria Luneschi, président du CESIT Corsica qui était du voyage pour le festival Kalendamaya en Ligurie ainsi que dans la délégation de chercheurs corses présents à Rome pour le XXVIII Congres International des Langues et Philologies Romanes au mois de Juillet dernier.

Le vatican à Rome : ville où se tiendra une messe en corse organisée par la guardia corsa papale ainsi que lecongès international des langues et filogies romanes qui mettra la Corse à l'honneur

Après les voyages de délégations corses en Italie, c’est au tour de Cutuli de recevoir ses invités Piémontais

3 interventions sont donc programmées ce vendredi à Cutuli Curtichjatu. 2 sont données par Matteo Riviora et Alberto Ghia, invités Piémontais de l’événement. La dernère par Eliane Masia-Ristori qui réalise en ce moment son projet de thèse “Ajaccio dans la première partie du 20e siècle : étude des activités familiales, économiques et socio-culturels en tant que supports des variantes du parler ajaccien” au sein du laboratoire umr-lisa de l’Université de Corse.

Grand public, média, politiques, entreprises, institutions sont évidemment conviés à apporter leur pierre à l’édifice en participant aux débats. D’autant plus que le CESIT Corsica (Comité d’Etudes Scientifiques et Informatiques de la toponymie de Corse) sera de la partie. Le CESIT Corsica est porteur d’un projet d’envergure pour la Corse qui consiste à recenser les noms de lieu des communes afin de dégager une base de données cartographiée après validation par le conseil scientifique bénévole de l’association. « A ce jour 150 communes ont été couvertes sur toute la Corse” précise le président Francescu-Maria Luneschi. Une cartographie des toponymes à retrouver en ligne sur le site internet du CESIT.

Après les interventions et débats, la soirée se prolongera autour d’un buffet et d’un concours de morra.

Le programme des 5e Scontri di a Tupunimia

Programme des rencontres de la toponymie au village de Cuttoli basé dans le pays ajaccien

Programme de la 5e édition es Scontri di a Tupunimia in Cutuli Curtichjatu

14:15 : Activités pour les enfants (rendez-vous à la mairie)

16:30 : Goûter et récompenses (mairie)

17:30 (mairie) : Intervenants :

  • -Matteo Rivoira: L’Atlante Toponomastico del Piemonte Montano et communautés locales: aller et retour
  • -Alberto Ghia : Raccogliere i toponimi : gli informatori/ Recueillir les toponymes : les informateurs
  • -Eliane Masia-Ristori : U locu comu spechju di a parlata aiaccina/ Le lieu en tant que reflet du parler ajaccien

19:00 : Débat : Quels moyens pour mettre en oeuvre une véritable politique pour la toponymie en Corse ?

Tous ceux pouvant apporter leur pierre au débat seront représentés: associations, média, politiques, entreprises, administrations, institutions… Chacun cherchera à partager expériences et projeter pour pouvoir avancer de façon concrète.
La soirée se prolongera avec un buffet et un jeu de morra.

En savoir plus :

La langue corse à l’honneur à Rome

La langue corse à l’honneur à Rome

La langue corse à l’honneur à Rome

Du Bonifacien au Cap-Corsin, la diversité des parlers sur une petite île de 320 000 habitants a de quoi intriguer. Ces disparités au sein même de la langue corse sont au coeur du XXVIII Congres International des Langues et Philologies Romanes qui se tient cette semaine à l’Università di Sapienza à Rome et qui réunit  500 communicants Européens avec une délégation de chercheurs insulaires. Dans le même temps, une messe en langue corse sera chantée dans le quartier de Trastevere dans le cadre du projet Guardia Corsa Papale.

Une île, plusieurs parlers

Entre les influences génoises et toscanes, le Corse est une langue riche de sa diversité. Cette diversité est plus connue des chercheurs sous le nom de “parlers corses”. Les parlers corses ont été déterminés par Marie Josee Dalbera Stefanaggi dans sa thèse publiée en 1991 Unité et diversité des parlers corses.

Unité et diversité des parlers corses

Unité et diversité des parlers corses par Josee DalberaStefanaggi

A l’heure où la langue corse est-elle même en péril, la situation est encore plus préoccupante en ce qui concerne les parlers. Car si beaucoup de jeunes lisent, écrivent et comprennent le Corse, il n’en est pas de même pour le Bonifacien par exemple, qui est parlé par quelques dizaines de personnes seulement.

Devant l’urgence, des chercheurs de l’université de Corse parcourent toute l’île afin de constituer une base de données de la langue corse. Cette base de données fait le pari de rassembler l’ensemble des parlers corses sur une même plate-forme. En entrant un mot en français, cette plate-forme de l’Université de Corse vous permet d’obtenir la traduction dans les différents parlers corses. Exemple avec le mot “chien” qui ne s’ortographie pas du tout de la même façon selon qu’on soit à Ajaccio ou Antisanti. En plus de l’orthographe, cette base de données met également en lumière les différences qui existent dans la prononciation phonétique d’un même mot . Ainsi “U Cane” ne se prononce pas pareil entre Ajaccio et Aldandu.

La banque de données de la langue corse de l'université de Corse

3 chercheurs de l’Université de Corse à Rome

Ce travail aussi important que complexe est réalisé par les doctorants-chercheurs de l’Università di Corti et fait l’objet du déplacement de certains d’entre eux à Rome du 18 au 23 Juillet à l’occasion du XXVIII Congres International des Langues et Philologies Romanes. 3 chercheurs font le déplacement pour présenter à leurs confrères Européens leur projet : Onomasiologia e semasiologia : da un database dialettale all’elaborazione di un dizionario

La Corse au congrès internationale des langues et fologies romanes à Rome

Stella Retali-Medori – Docteur et Maître de conférences dialectologue se concentre sur les parlers italo-romans et plus spécifiquement corses. Elle a d’ailleurs réalisé une thèse sur les parlers corses au sein du cap corse.

Aurelia Ghjacumina Tognotti sera également du déplacement. Cette docteur en dialectologie à l’université de Corse était déjà du voyage pour le festival Kalendamaya de Finalborgo au mois de Mai dernier en Ligurie. Elle s’attelle depuis 7 ans à recueillir, valoriser et restituer le patrimoine linguistique corse.

Luniversità Sapienza à Rome là ou se tiendra le congres international des langues et filogies romanes

Le troisième membre de la délégation de l’università di Corsica est Francescu Maria Luneschi, chercheur linguistique qui lui aussi était du voyage en Ligurie en Mai dernier. Ce dernier s’occupe des lexiques thématiques et en particulier de celui de l élevage.  Il s’entretient avec les locuteurs dans les villages afin de cartographier l’usage des mots, savoir où ces derniers sont diffusés, les limites et comment ils circulent, notamment par les chemins de transhumance. Cette circulation des mots via les chemins de transhumance constitue d’ailleurs le coeur de son intervention à Rome cette semaine.

Une messe célébrée en Corse à Trastevere

Dans la foulée de ce XXVIII Congres International des Langues et philologies Romanes qui se tient à l’Università Sapienza, une autre manifestation met en lumière les liens qui exsitent entre Rome et la Corse. Vendredi 23 Juillet à 18h30, une messe corse sera célébrée en la Basilique San Grisogno à Trastavere. Ce quartier historique de la Cità Eterna était autrefois une enclave corse au coeur de Rome. C’est en effet là que résidait la Guardia Corsa Papale.  Durant des siècles, les Corses ont été les défenseurs de l’Etat pontifical et ce jusqu’en 1674, année durant laquelle le roi Louis XIV somma le pape Alexandre VII de se séparer de cette garde. Le traité de Pise scella le sort de cette garde corse renvoyé alors aux oubliettes.

Associu guardia corsa papale à Roma

Mais un traité ne peut pas effacer à lui seul une présence de plusieurs siècles. Le quartier de Trastavere regorge de vestiges qui rappellent la présence des corses. Afin que ces souvenirs et ces faits historiques ne soient pas oubliés, l’Associu Guardia Corsa Papale a été crée. C’est elle qui organise ce vendredi la célébration d’une messe en langue corse en la Basilique San Grisogno qui renferme, elle aussi, des trésors de la présence corse en terre romaine.  

Messe corse célébrée à Rome dans la basilique San Grisogno

Image d’un précédent rassemblement insulaire à Rome ©Andre Delogu

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