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Jean-Louis, un Corse en Californie

Jean-Louis, un Corse en Californie

Jean-Louis, un Corse en Californie

C’est en 1998 que le rêve Américain le pique. Originaire de Pietralba en Haute-Corse, Jean-Louis traverse l’Atlantique pour poser ses valises du côté de Costa Mesa en Californie. Cela fait maintenant 10 ans qu’il travaille en tant qu’ingénieur système dans l’industrie de la défense et protection du territoire. Depuis son ranch où il passe ses week-ends à 500 mètres d’altitude, Jean-Louis nous explique comment il a vécu l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche. Il nous raconte aussi à quoi ressemble la vie en Californie : Business, bilinguisme, importations de produits corses sans oublier les bons plans pour ceux d’entre vous qui ont des envies de far west 😉

Comment es-tu arrivé aux Etats-Unis ?


Je suis parti aux US avec un visa E2 Essential Employee en tant que programmeur en 1998. L’immigration aux US était différente, peut-être plus simple, l’agence Américaine qui s’occupait des visas, l’INS, n’était pas aussi imposante et ne traitait pas de problèmes de sécurité comme maintenant. Un monde assez différent, je dois l’avouer.
Depuis 2005, je suis citoyen américain, avec passage par la fameuse « green card » entre mon visa et ma naturalisation.

En quoi consiste ton métier ?


Au début, je travaillais comme programmeur informatique en C/C++ pour une entreprise qui développait des systèmes de traitement et compression de signal, principalement video streaming.
J’ai ensuite travaillé pour quelques entreprises de jeux vidéo sur PC, XBox, PlayStation et Wii sur 7 titres commerciaux et quelques projets indépendants.
Maintenant, cela fait presque 10 ans que je travaille en tant qu’ingénieur système dans l’industrie de la défense et protection du territoire.



A quoi ressemble la vie en Californie ?


Vaste sujet… je dirais aussi varié que la Californie elle-même. On va quand même essayer de faire quelques généralités. La côte en général, et particulièrement de San Diego à Santa Barbara et la Bay Area et ses alentours, le coût de la vie est cher surtout du côté de San Francisco qui est ridiculement cher. Il y a ce mélange de mentalité urbaine, moderne et balnéaire. L’intérieur des terres du sud de la Californie est principalement désertique ou sub-désertique, à l’exception des quelques régions montagneuses, comme celle ou je vis. Les gens sont plus traditionnels et ruraux avec toujours un esprit pionnier dans certains coins, mais ça reste la Californie, donc toujours assez ouvert quand même. De même pour le centre, avec plus de régions agricoles où beaucoup de grandes fermes et vignobles sont implantés. Le nord est assez rural avec une mentalité plus North-West (Oregon).
En dehors des endroits luxueux, touristiques et prisés, le coût de la vie est assez abordable, bien que la différence entre l’époque ou je suis venu et maintenant soit importante. Un faible salaire a plus de mal à s’en sortir de nos jours qu’il y a 15 ans. Mais cela semble global.

Ton regard sur cette élection qui propulse Donald Trump à la Maison Blanche ?

On ne peut pas dire que j’étais très emballé par les élections présidentielles cette année car aucun des 2 candidats ne correspond vraiment à mes valeurs.

Un petit historique pour comprendre comment j’ai vécu ces élections. J’ai grandi en Corse, avec des valeurs plutôt rurales ou les traditions et le terroir sont les piliers de la société locale. Ces valeurs sont directement menacées par la mondialisation et l’éradication de la culture locale, de notre île, de notre langue et de notre histoire. Il y a actuellement un clash non pas des civilisations, mais de 2 visions du monde radicalement opposées. L’une tend à protéger les traditions et l’identité d’un peuple, privilégier l’économie locale et les petits artisans. L’autre est un rouleau compresseur mondialiste qui tente d’écraser les peuples au profit de multinationales, des banques et des élites politiques. C’est en tout cas comme ça que la mondialisation est de plus en plus perçue par la classe moyenne d’Europe et d’Amérique du Nord.

Cette élection, n’en déplaise aux journaux télévisés et aux sondages, a confronté ces 2 mondes. Le rural contre l’urbain. L’identité nationale contre la mondialisation. L’élite et les multinationales contre la classe moyenne. C’est pour ça que ce qui semblait impossible aux médias de masse s’est passé. Une vague populiste attisée par les abus de la mondialisation a englouti le monde politique.

Depuis quelques années, j’ai été déçu par la classe politique en général, tous partis confondus. Je m’en suis même éloigné, préférant apprécier les bons moments de la vie plutôt que de me perdre dans les luttes futiles du monde politique. Ma compagne et moi avons voté par courrier 10 jours avant les élections. Nous avions reçu nos bulletins de vote une semaine plus tôt. Un soir de semaine, lorsqu’elle cuisinait, je me suis assis au comptoir de cuisine en face d’elle et je passais en revue tous les candidats pour tous les postes ainsi que toutes les propositions de lois pour l’État de Californie. En effet, pour notre district du comté de San Diego, il y avait une dizaine de postes à pourvoir au niveau fédéral et local et une vingtaine de propositions de loi. Une fois passé en revue, nous nous sommes rendu compte que nous votions pareil. Le lendemain, je mettais au courrier nos bulletins de vote afin qu’ils soient comptés le jour de l’élection.

Je ne comptais pas particulièrement suivre les élections en direct et pensais juste m’informer des résultats le lendemain. De toute manière, rien n’allait changer ma vie radicalement d’ici là. Ma compagne soudainement propose de dîner dans le salon pour suivre les résultats en direct. Ce fut plutôt inhabituel car nous avons l’habitude de dîner à table sans télévision pour partager du temps ensemble pendant les repas. Nous avons donc passé la soirée à suivre les élections en direct jusque vers minuit. La majorité de l’État de Californie semblait en deuil et le lendemain paraissait sombre. Mais heureusement pour nous, nous faisons parti de la minorité de notre Etat et une belle journée nous attendait.



Comment se porte l’économie en ce moment ?


L’économie n’est pas trop mal, surtout comparé a beaucoup d’autres endroits aux US ou ailleurs. Mais le coût de la vie et les taxes/impôts ont augmenté sans que les salaires suivent particulièrement. Le chômage et les emplois précaires restent un problème, surtout pour les gens peu qualifiés. Les gens diplômes ou avec un savoir-faire recherche ne se portent pas trop mal dans l’ensemble.


Le rêve Américain, ça existe toujours ?


Cela dépend dans quelle branche. Année après année, le nombre de régulations fédérales ou locales augmentent, donc il faut bien rechercher ces points précis dans la décision du lancement d’un business et de l’emplacement. Certaines industries préfèrent d’autres Etats. Aussi, si le business reçoit du public, il faut bien faire attention à tout ce qui est assurances et contentieux. Les poursuites en justice sont une plaie aux US.

La place de l’espagnol dans la vie de tous les jours ?

Dans mon domaine et mon entourage, aucune. Pour certains métiers et dans certains quartiers/villes, l’espagnol est important. Etre bilingue anglais/espagnol peut permettre selon le poste proposé d’obtenir un job plus facilement.



Les endroits ou tu aimes aller ?


Il y a tellement d’endroits à voir et j’en découvre tout le temps, même après 18 ans ici. Orange County avec les villes comme Huntington Beach, Newport Beach, Balboa et Dana Point sont très agréables pour leur bords de mer et sortir dîner. Le comte de San Diego offre aussi de très beaux bords de mer comme Carlsbad Village, Encinitas, La Jolla, OB, PB et la baie de San Diego. Le désert dans les comtés de San Bernardino, Riverside et Imperial et les montagnes de Cleveland National Forest et de San Bernardino (Crestline, Arrowhead et Big Bear). San Diego County offre aussi de magnifique petites villes de montagne comme Julian. Encore une fois, la diversité de la Californie est telle que tu peux prendre un breakfast en bord de mer le matin et te balader en montagne l’après-midi. Personnellement, j’aime les activités d’extérieur, le camping, randonnées, tir sur cibles, 4×4, etc… Le climat est propice toute l’année, à part entre Août et Octobre ou il fait trop chaud dans les déserts Californiens. C’est le bon moment pour rester près des plages.
Il y a un choix impressionnant de restaurants qui offrent presque toutes les cuisines du monde. Même un restaurant Corse à Los Angeles tenu par des Corses, Napoleon & Josephine.


De la Corse qu’est-ce qui te manque le plus ?

La Corse elle-même. Et aussi les charcuteries et fromages, qui sont très difficile, voir impossible, à obtenir.



Y a t il une communauté corse en Californie ?


Malheureusement non. J’en ai rencontré par hasard quelques uns, incluant les propriétaires du restaurant Napoleon & Josephine. J’ai du mal avec la communauté Française en Californie du sud donc en général je reste avec ma compagne et notre sympathique cercle d’amis et sa famille.


Trouves-tu des produits corses en Californie ?


Très peu. Je trouve du vin Corse et parfois du sanglier, de la coppa Italienne, quelques fromages de brebis (j’ai trouve à 2 reprises du U Pecurinu fait en Corse) et des châtaignes. Ils vendaient de la Pietra pendant un moment mais l’importateur aux US n’en a plus. Je fais mon limoncellu maison et je pense fortement à faire ma propre charcuterie cette année, un figatellu Californien?



Penses-tu que des opportunités existent pour la Corse en Californie ?


Je pense qu’il y a un très gros potentiel pour la Corse, que ce soit pour la gastronomie, les vins ou le tourisme. Mon patron est parti au printemps dernier en vacances en Corse pour la première fois et il ne cesse de m’envoyer des photos de ses escales autour de l’île par email.


Que dirais-tu aux Corses qui auraient envie de partir en Californie ?


Je dirais que dans l’ensemble, ceux qui ont l’esprit aventureux et entrepreneur peuvent vraiment s’épanouir en Californie. Ce n’est pas simple de s’expatrier, mais je pense que les Corses ont de part leur histoire plus de facilité d’adaptation du à notre côté insulaire. Dans tous les cas, c’est une expérience qui ne peut que bénéficier à ceux qui se lancent dans une telle aventure. Mais il faut être bien conscient que s’expatrier aux US c’est se plonger dans une culture très différente, bien plus qu’on se l’imagine. Il faut bien préparer son expatriation pour pouvoir vivre une expérience riche et positive.

INFOGRAPHIE – Andemu : Ce que vous devez savoir après 5 mois

INFOGRAPHIE – Andemu : Ce que vous devez savoir après 5 mois

INFOGRAPHIE – Andemu : Ce que vous devez savoir après 5 mois 

Après 5 mois et plus de 40 articles, Andemu vient de franchir le cap des 10 000 visites. L’heure est venue de dévoiler quelques chiffres afin de savoir qui sont ceux, qui comme vous, suivent le blog qui met en lumière une Corse créative et ouverte sur le monde.

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Infographie : Ce que vous devez savoir du blog Andemu 5 mois après son lancement

Justine, une Corse en Ecosse

Justine, une Corse en Ecosse

Justine, une Corse en Ecosse

De Porto Vecchio à la pointe nord de la Grande Bretagne, Andemu vous emmène aujourd’hui sur les pas de Justine, une Corse partie réaliser son stage dans la région de Stirling en Ecosse. Vous vivez aussi à l’étranger et aimeriez partager votre expérience avec la communauté Andemu ? Envoyez moi un mail à andemu@gmail.com 😉

Qu’est-ce-qui t’a motivé à partir en Ecosse ?

L’Ecosse m’a toujours attirée, peut-être parce que mes parents ont été là-bas lorsque ma mère était enceinte de moi, je ne sais pas. C’est une terre riche en histoire qui s’est battue, pas toujours avec grand succès, pour conserver sa culture et vivre libre. D’une certaine façon ça me rappelle un peu notre île ! Nous y sommes donc allés pour la première fois en décembre 2014 lorsque Johann et moi étions à Bristol pour un an d’études à l’étranger. Nous sommes restés deux semaines et, malgré le froid, nous avons adoré ce pays, sa culture, ses paysages et cette lumière si particulière caractéristique des pays nordiques en hiver. Nous avons donc décidé d’y retourner cette année.

Justine Muzy, une corse qui réalise son stage en Ecosse

Justine, une Corse en Ecosse

Que fais-tu là-bas ?

Nous sommes là pour faire un stage dans le cadre de nos études respectives. Je suis en Master Tourisme et Johann en Master Sciences du Management, tous les deux à la fac de Corte. J’ai trouvé un super stage dans une petite entreprise – composée d’une seule personne, donc on peut même dire très petite – qui crée des séjours, circuits, visites guidées sur-mesure en Ecosse. Ça s’appelle Uniquely Scotland. Mon patron, Archie, a créé sa boîte il y a 3 ans maintenant et elle commence à bien marcher. J’adore ce travail parce que ça me permet d’en apprendre plus sur l’endroit où nous vivons et de nous organiser de super week-ends ! En plus, Archie est super sympa. Il nous loge, nous fait faire des visites et nous emmène à la pêche. On est super bien tombés !

Johann a même trouvé son stage grâce à Archie, qui a une amie qui dirige une boîte de marketing digital, Wild Grass Media, et qui cherchait un stagiaire. Au final Anna est super aussi et Johann se régale à gérer les réseaux sociaux pour différentes entreprises.

uniquely soctland, dmc and travel agency in scotland where justine is doing an internship

Comment as-tu réussi à trouver un stage ?

Lorsque je cherche un stage je m’y prends toujours de la même façon. D’abord, je réfléchis aux missions qui m’intéressent. Je n’aime pas être cantonnée à une seule tâche donc je sais que je vise toujours une petite entreprise. Une fois que j’ai plus ou moins déterminé les compétences que je veux améliorer, je réfléchis aux postes qui pourraient correspondre. Je fais ensuite un CV par poste visé (avec environ 3 CV en tout) et je constitue une liste d’entreprises qui me semblent intéressantes. Ensuite, je personnalise un peu chaque message et j’envoie des e-mails jusqu’à ce que j’aie une réponse positive.

Pour ce stage, j’ai dû envoyer une quinzaine d’e-mails, et pareil pour Johann. Nous voulions vraiment partir ensemble et donc au départ nous nous étions focalisés sur Edimbourg. Seulement voilà, les entreprises souhaitaient des stagiaires pour 5 mois minimum et nous devions rentrer au début de l’été pour travailler dans le camping familial. On a donc continué à chercher en élargissant le périmètre géographique, et on est tombés sur Archie et Anna. Super coup de bol ! Nous avons passé les entretiens via Skype et c’était parti…

Photo de Portree sur l'île de Skye prise par Justine, une corse en EcossePortree sur l’île de Skye

As-tu reçu des aides ?

Oui, et heureusement sans ça nous n’aurions pas pu partir ! Nous avons eu droit à une bourse de mobilité, versée par la région, et nous sommes toujours en attente de la bourse Erasmus +. Je suis très reconnaissante pour l’aide que l’Europe et la région fournissent, cependant je trouve que cela pourrait être mieux organisé. En effet nous n’avons eu les réponses pour ces deux bourses qu’un mois après être arrivés en Écosse, ce qui fait que nous dépendions de l’aide de mes parents pour vivre, sans ça nous aurions dû rentrer. Je suis chanceuse, mes parents peuvent m’aider, mais si Johann avait été tout seul il n’aurait pas du tout pu rester. Je me demande comment cela se passe lorsque ce sont des jeunes qui sont isolés ou dont les parents n’ont pas une situation financière suffisamment confortable pour les aider. Sans compter qu’on nous demande les mêmes informations 4 fois et des formulaires papiers à n’en plus finir. Il serait temps que tout cela passe par internet.

Justine, une corse en écosse raconte ses parties de pêche dans les Lochs Ecossais

La pêche dans les Lochs Ecossais

Parle nous un peu de l’Ecosse

Pour moi l’Ecosse est un pays de contrastes, autant dans la culture que dans les paysages. Les écossais sont un peu « schizophrènes », dans le sens où ils sont tiraillés entre la culture écossaise, la culture Britannique et la culture Européenne, qui est bien plus présente ici dans l’esprit des gens qu’en Angleterre, j’ai l’impression. Et d’ailleurs ils ont beaucoup de mal à choisir entre les trois lorsqu’on parle des différents référendums, passés et futurs !

Les vaches Ecossaises des Highlands prises par Justine, une corse qui réalise un stage en Ecosse

Ici j’ai rencontré des gens chaleureux et réservés à la fois – ça vous rappelle quelque-chose ? – du genre à te snobber pendant 1 semaine puis à te parler comme si tu étais de la famille. L’Ecosse, c’est aussi l’endroit où quand la cloche du pub sonne la fin de la soirée, les gens se précipitent au comptoir et reviennent avec 2 pintes de bière dans chaque main. C’est un endroit où il fait bon vivre et où l’on trouve de bons produits, sur terre comme en mer, et où la cuisine est très bonne (contrairement à ce qu’on peut penser du Royaume-Uni en général), et ce malgré des associations parfois… comment dire ? étonnantes !

Les paysages sont encore très sauvages par endroits, et vous passez assez vite du Loch aux montagnes rocailleuses, via les champs verdoyants, les torrents, les forêts et les tourbières. La nature est présente partout et chaque jour nous sommes émerveillés de voir un cerf, un faisan ou un chevreuil dans notre jardin.

C’est vraiment une terre riche qui nous rappelle la Corse par de nombreux aspects. Allez-y, vous verrez !

Tes bonnes adresses là-bas ?

Il y a en particulier deux restaurants que nous avons adoré. Le premier se trouve à Edinburgh, sur le Royal Mile, et se nomme le Monteith’s. C’est un restaurant un peu chic avec un bar à cocktail et de très bons produits. L’ambiance est sympa et la décoration de la salle est top. Leur filet de bœuf était délicieux et à même détrôné mon numéro 1 personnel en Corse.

Justine, une corse en Ecosse à EdinburghEdinburgh

Autre adresse super cosy : The Inn on the Tay. Cette petite auberge au bord de la plus grande rivière d’Écosse est vraiment une petite pépite. La salle est très belle, avec une décoration très locale à base de bois de cerfs, de bougies et de bouteilles et fait très Écosse sans pour autant tomber dans le kitch du 100% tartan. La nourriture y est délicieuse. J’ai goûté une sausage pie – ou tourte à la saucisse – à la moutarde à l’ancienne et c’était non seulement très bon mais en plus très agréable à l’œil. 

sausage pie inn on the tay edinburgh - cuisine ecossaiseSausage Pie at the Inn on the Tay – Edinbugh

Autrement, dans Dunblane même, la ville où nous habitons, nous aimons bien le Riverside, un joli Pub moderne avec une ambiance agréable et une carte sympathique, et le restaurant indien Mr Singh’s qui fait, je crois, partie d’une chaîne. Je n’avais jamais goûté la nourriture indienne avant ça et il faut vraiment que j’obtienne leur recette de Creamy Tikka Masala avant de partir, autrement je vais finir en dépression.

Nous avons pas mal d’autres adresses à conseiller, mais il y en aurait pour des heures. Si vous voulez connaître les autres je vous invite à passer sur mon blog O’Ghjù  ou sur Instagram (@nofoodnobottle) 

Comment sont les Écossais ? Connaissent-ils la Corse ?

Jusqu’à il y a 2 jours je pouvais dire que tous les écossais à qui j’avais parlé, et ce sans exception, connaissaient la Corse. Seulement lorsque nous avons été à Glasgow nous avons rencontré 4 personnes qui n’en avaient jamais entendu parler. Je suppose donc que c’est comme partout, ça dépend des milieux et de la culture générale de chacun. En revanche ceux qui en ont entendu parler rêvent d’y aller, mais peu y ont déjà été. J’essaie de faire un peu de pub et j’ai bon espoir qu’Archie, sa femme Jo et leur fille Sophia viennent bientôt, mais ça ne suffira malheureusement pas à faire connaître notre magnifique île dans tout le pays !

Eilean Donan Castle, les endroits à voir en Ecosse

Eilean Donan Castle

Trouves-tu des produits corses là-bas ?

Non. Il n’y en a aucun. Il faut dire que l’on vit dans une petite ville et que je n’en cherche pas forcément car j’ai des colis de ravitaillement qui arrivent assez fréquemment plein de saucisson, de muscat, de bière, de coppa, de miel et de canistrelli. Et pourtant je suis sûre qu’il y a un marché : les gens à qui j’ai offert du saucisson et de la Pietra ont vraiment adoré et m’en redemandent ! Pareil pour le muscat. Entrepreneurs, à vous de jouer !

Les endroits à voir absolument quand tu pars en Ecosse ?

Honnêtement, grâce à mon travail, je découvre de nouveaux endroits magiques chaque jour et n’ai pas moi-même le temps de tout visiter, même en restant 3 mois là-bas. Si je devais choisir là, de suite, parmi les endroits que j’ai vraiment visités, je conseillerai déjà de visiter Edimbourg en long, en large et en travers. Allez également faire la route de la côte entre Fort William et Mallaig, un petit port de pêche, dans l’Ouest du pays et prenez le ferry pour l’île de Skye, si possible hors saison car c’est une horreur en juillet-août (vous voyez Palombaggia ? Et bah pire). Pour repartir de l’île de Skye passez par le ferry qui part de Kylerrhea et arrive à Glenelg. Il est opéré à la main, ce qui est plutôt unique, et la route est assez magique. Autre route magnifique, la route à une voie qui relie Applecross à Torridon.

Voyage : Les endroits à voir absolument en Ecosse, par justine, une corse en Ecosse

Torridon, dans l’Ouest de l’Ecosse

Il y a plein de villages très pittoresques que j’ai adorés aussi, comme Dunkeld par exemple ou encore les villages de pêcheurs de l’East Neuk, près de St Andrews.

Inverness vaut également le coup d’œil, tout comme les écluses du canal calédonien et tellement d’autres choses…

Petit coup de cœur également, pour ceux qui aiment les vieux livres, la librairie d’Innerpeffray. La plus ancienne bibliothèque d’Ecosse ouverte au prêt est en effet située dans un endroit charmant près de Crieff, à côté d’une petite chapelle et de son cimetière. A l’intérieur, la bibliothécaire, qui est adorable, vous dénichera des livres sur le sujet de votre choix. J’ai moi-même demandé des livres sur la Corse et j’y ai trouvé une description plutôt marrante de notre île dans un livre du début du 17ème siècle : « les habitants sont grossiers, têtus, pauvres, incultes et utilisent un italien corrompu ». J’ai trouvé que ça ressemblait à certains avis que l’on trouve encore aujourd’hui sur Tripadvisor, qui sont si loin de la vérité que ça en devient risible.

A little description of the great world - un livre qui raconte l'histoire de la corse en angmaisA little description of the great world – Un livre écrit au XVII siècle qui consacre une partie à une description de la Corse, rédigée en ancien anglais

Le mieux pour visiter l’֤Écosse, ça reste de passer par les plus petites routes possible (ou presque), qui sont appelées ici scenic roads ou tourist roads. Elles sont souvent sur une seule voie et il faut se mettre sur le côté pour laisser passer les gens qui arrivent en face, mais sont équipées de « passing places » donc ça se fait assez facilement. C’est pour nous le meilleur moyen de tomber sur des paysages à couper le souffle.

En revanche, il y a un endroit (un seul) qui nous a un peu déçus, c’est le Loch Ness. Si ce n’est pour Urquhart Castle, ce Loch est plutôt insipide comparé à toutes les merveilles qu’il y a pas loin. Et en plus, c’est très touristique.

Nous partons visiter la région d’Oban, dans le Sud Ouest et l’île de Mull ce week-end et le week-end prochain. Nous aurons sûrement des choses à ajouter à cette liste ! Je raconterai ces voyages sur mon blog pour ceux que ça intéresse.

paysage écossais capturé par Justine, une corse en écosse qui raconte son expérience sur Andemu

Sur la route d’Apple Cross

Tes projets pour la suite ?

Dans l’immédiat, nous allons rentrer en Corse début juillet pour travailler au camping familial, le camping Santa Lucia à Sainte Lucie de Porto-Vecchio et pour lequel nous travaillons chaque été depuis de nombreuses années maintenant. Ensuite nous allons terminer notre master à Corte en nous inscrivant en parallèle en tant qu’étudiants entrepreneurs, car nous souhaitons monter une entreprise sur la région de Porto-Vecchio.

J’ai également commencé un blog où je parle pour l’instant beaucoup de l’Écosse mais qui parlera par la suite également de la Corse d’un point de vue touristique. Je souhaite faire découvrir notre île avec en particulier ses artisans et ses travailleurs, sa culture et ses monuments historiques. D’ailleurs si parmi les lecteurs certains veulent me faire découvrir leur métier, leur passion ou leur domaine, n’hésitez pas !

Oghjù le blog voyage de Justine, une corse en ecosse

O’Ghjù – Le blog de Justine

Sur celui-ci je parlerai aussi du mode de vie que l’on s’efforce d’adopter tous les deux en ce moment, le mode de vie « Zeru Frazu » ou « Zéro déchets ». Cela consiste à adopter un style de vie minimaliste basé sur la réutilisation des objets et le choix de produits en vracs plutôt que ceux emballés dans 10 tonnes de plastique. Ce sont de petites habitudes à prendre qui demandent un peu d’organisation mais qui soulagent au quotidien et permettent au final de faire des économies. Ce mode de vie favorise également l’économie locale puisque nous essayons d’éviter les grandes surfaces et d’acheter des produits régionaux, que ce soit pour la nourriture, pour les meubles, pour les vêtements, ou pour tout le reste ! Chez nous, où les décharges débordent et où les gens continuent de jeter n’importe quoi dans la nature, je pense que tout le monde devrait réapprendre à vivre de cette façon, comme le faisaient d’ailleurs nos grands-parents.

Enfin, nous avons de nombreux projets pour la suite : des projets de voyages et des projets d’entreprises liées au tourisme et au monde du digital. Cependant je n’en dirai pas plus de peur de nous porter la poisse !

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