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I Soldi Corsi, Vraiment une bonne idée ?

I Soldi Corsi, Vraiment une bonne idée ?

I Soldi Corsi, Vraiment une bonne idée ?

L’année 2017 est sur le point d’ouvrir ses portes, et avec elle arrive une petite révolution qui va envahir vos portes-monnaies. Après la Suisse, Nantes ou encore Bristol au Royaume-Uni, c’est au tour de la Corse de créer sa propre monnaie.

A l’origine du lancement d’I Soldi Corsi

Le projet de création d’une monnaie locale en Corse fait écho à un appel à projet lancé par l’Agence de Développement Économique de la Corse en 2014 portant sur l’économie sociale et solidaire. Le souhait formulé par Jean Zuccarelli, alors président du pôle économique de l’exécutif de Corse est de booster les échanges économiques au sein de l’île. Au terme de cette démarche, c’est l’association Corsica Prumuzione qui est désignée pour mener à bien l’expérimentation de cette nouvelle monnaie.

Pourquoi créer une monnaie Corse en 2017 ?

Concrètement il s’agit d’oeuvrer afin que la richesse créée en Corse soit investi et dépensé en Corse. Dans ce sens, la création d’une monnaie locale complémentaire à l’Euro oeuvrera en faveur du développement durable de la Corse. Dans un premier temps, en privilégiant l’usage local de revenus tirés de la production locale, I Soldi Corsi permettront de booster l’économie et l’emploi sur l’île. Dans un deuxième temps, en incitant à consommer local, la monnaie constitue un levier important pour dynamiser les interactions sociales et le commerce de proximité. Enfin, l’usage de la monnaie locale permettra de tendre vers une consommation locale plus respectueuse de l’environnement.

Le futur billet de 20 soldi corsi ? ©Communauté d’agglomération de Bastia

Le futur billet de 20 soldi corsi ? ©Communauté d’agglomération de Bastia

Quand seront disponibles I Soldi Corsi ?

Selon la Communauté d’agglomération de Bastia, les premiers billets devraient être imprimés au début de l’année 2017, pour ensuite être distribués sur la région du grand Bastia pour tester leur diffusion, avant d’être proposés sur toute la Corse

I Soldi Corsi seront émis sous forme de billets de 1, 2, 5, 10 et 20. Un dispositif incitatif est prévu au lancement : pour 50 € changé, 55 Soldi Corsi devraient être remis. Cette monnaie sera exclusivement réservée aux échanges locaux. Ainsi, les particuliers détenant des Soldi Corsi ne pourront les dépenser qu’auprès des entreprises, commerces, travailleurs indépendants et producteurs locaux.

Interview avec Jean-Christophe Angelini – Président de l’ADEC

Interview avec Jean-Christophe Angelini – Président de l’ADEC

Interview avec Jean-Christophe Angelini – Président de l’ADEC

Booster le développement de l’économie numérique en Corse, tel est l’un des objectifs premiers de cette 6e édition de Bastia Ville Digitale. Tout au long de la semaine, la Corsican Tech organise un cycle de conférences et de rencontres mêlant startups insulaires et intervenants prestigieux au grand public venu de toute la Corse. Une programmation qui a retenu l’attention de Jean-Christophe Angelini, président de l’Agence de Développement Économique de la Corse.

Pourquoi êtes-vous à Bastia aujourd’hui ?

« L’ADEC que j’ai le plaisir et l’honneur de présider est un partenaire historique de la Corsican Tech. Il va de soi qu’au moment où celle-ci, conjointement avec la ville, lance l’événement Bastia Ville Digitale, qui est désormais reconnu et bien ancré dans le paysage insulaire, il fallait être présent auprès de l’ensemble des entreprises, collectivités, décideurs, et porteurs de projets qui viennent animer tous les ans cette manifestation.

Donc c’est une présence “protocolaire” certes, mais surtout qui me tient à coeur. Et je crois que l’ensemble des institutions, et pas uniquement l’ADEC, doit accompagner au juste niveau la belle initiative que représente Bastia Ville Digitale.”

Comment l’ADEC compte accompagner les startups insulaires ?

“Nous travaillons beaucoup à rattraper le retard infrastructurel de l’île dans le domaine et nous avons délibéré en juillet dernier pour engager 60 millions d’euros sur 3-4 ans, de façon à être beaucoup plus présent sur le terrain des infrastructures et par voie de conséquence des usages, des services et de l’inclusion numérique. Donc une ambition globale, très haute, de telle façon que la Corse, sur un pas de temps de 5-7 ans, soit véritablement un pays startup, un peu comme on le dit sur d’autres terres un peu partout aux 4 coins du monde.”

Comment voyez-vous l’économie de la Corse dans 5 à 10 ans ?

“La Corse, sociologiquement, culturellement, parce qu’elle est un milieu insulaire, est tout à fait prête à accueillir une véritable culture d’entreprise autour de l’innovation et des startups. Pour autant, je le vois de manière double, d’une manière dédiée aux sartups, au numérique et aux innovations technologiques, je pense qu’on a de beaux exemples qui méritent qu’on les fasse connaître, qu’on les popularise, qu’on les soutienne, y compris financièrement, et d’autre part, je vois une économie qui tend vers le numérique. A travers tous les aspects de sa vie quotidienne, il va de soi que quelqu’un qui veut s’implanter dans le rural aura nécessairement besoin d’un bon niveau de débit, d’une localisation intéressante, d’un bon environnement fiscal, et de cette capacité d’innover dans son domaine. Pour moi ce n’est pas exclusif, plus que les entreprises faisant partie du secteur, c’est l’ensemble des activités qui va embrasser la transition numérique et qui d’ici à 10 ans va se moderniser vers cette perspective.”

Interview réalisé en partenariat avec l’association Emaho pour la Corsican Tech