Interview avec Adrien Aumont – Co-fondateur de KissKissBankBank

interview-adrien-aumont-kisskissbankbank-hellomerci-crowdfunding-financement-participatif-blog-corse-andemu-bastia-ville-digitale

Interview avec Adrien Aumont – Co-fondateur de KissKissBankBank

Même quand on est persuadé d’avoir l’idée du siècle, il n’est pas toujours évident de trouver le bon levier pour la financer. Heureusement le crowdfunding est arrivé. Et qui de mieux pour en parler que le co-fondateur de la première plateforme de crowdfunding en Europe ? Cette semaine, Adrien Aumont a donné une conférence à Bastia Ville Digitale durant laquelle il a expliqué comment il voit l’utilisation du crowdfunding et ce que cette nouvelle méthode de financement peut apporter à la Corse.

Pouvez-vous vous présenter ?

 

Je suis co-fondateur de KissKissBankBank, de Hello Merci et de Lendopolice qui sont 3 plateformes de crowdfunding (financement participatif). Kiss Kiss Bank Bank fait du don en échange de contrepartie et s’adresse à tous les secteurs de la culture, de l’innovation et de la solidarité. Hello Merci fait du prêt à taux 0 entre particulier et touche beaucoup d’artisans, d’agriculteurs et de commerçants.

Lendopolice c’est le financement des PME et TPE, on propose aux français de diversifier leur épargne en prêtant directement à l’économie réelle c’est à dire à nos entreprises françaises.

Nous sommes leaders français du crowdfunding si on prend le volume de nos 3 plateformes puisqu’on en est à presque 65 millions d’euros collectés. Et je suis aujourd’hui à Bastia pour parler de crowdfunding.

 

La création de KissKissBankBank ?

 

On a crée kissKissBankBank avec Ondeline et Vincent. Ondeline est ma soeur, Vincent le mari d’Ondeline. Donc c’est une startup familiale, on a connu des PME familiales, maintenant on a aussi des startups familiales. On a commencé cette aventure parce qu’Ondeline travaillait dans la musique depuis 10 ans, et au moment où le peer to peer a permis aux gens de partager leur musique et le contenu de leur disque durs les uns avec les autres à travers le monde. Tout d’un coup le secteur de la musique a vécu une chute de volume d’affaires assez conséquente. A ce moment là, Ondeline a découvert une étude qui montrait que le chiffre d’affaires de la musique tombait en flèche et que paradoxalement les gens n’avaient jamais autant écouté de musique de leur vie. C’était la fin de Myspace, le début de Facebook. Et Ondeline s’est dit si les gens sont capables de partager la passion de la musique sur Myspace et de partager des choses extrêmement intime comme les photos de leurs enfants sur Facebook, peut-être qu’ils sont aussi capable de partager de l’argent pour réaliser des projets, et pour faire que des projets musicaux puissent continuer de voir le jour, donc tout a commencé dans la musique, puis on a ouvert à tous les secteurs créatifs, innovants, solidaires, et ensuite à tous les secteurs économiques de notre pays et d’autres pays en Europe.

Adrien Aumont, fondateur de Kiss Kiss Bank Bank à Bastia
Adrien Aumont, fondateur de Kiss Kiss Bank Bank à Bastia

Comment rebondir après un échec ?

 

Je vais très lâchement reprendre une citation de Samuel Beckett, et elle sera inexacte parce que ma mémoire est bancale, si je me souviens bien il disait qu’”il faut rater, rater encore, rater encore et si possible rater de mieux en mieux”. Et je crois que c’est exactement ça, je pense que je passe ma vie à rater des choses, et que je me perfectionne et que je rate de mieux en mieux, au fil du temps et je pense que c’est la force de tous les entrepreneurs de continuer à rater en étant encore plus performant.

 

Le crowdfunding, un levier pour la Corse ?

Dans le crowdfunding, notre métier c’est de mettre des cables entre les citoyens, entre tous les corses, entre tous les français, entre tous les gens dans le monde entier, pour qu’on soit autonome dans nos financements. C’est de la finance peer to peer, je parlais de peer to peer en parlant de musique tout à l’heure, mais là c’est finalement une innovation parce qu’elle nous rend autonome. parce que ça nous permet de réaliser nos projets sans demander l’aval de quelqu’un. Donc on parle des corses comme étant des gens fier, les corses ont aussi une grande volonté d’autonomie, et je pense que la plus grande des autonomies aujourd’hui c’est le financement peer to peer, c’est de pouvoir être main dans la main, entre français, entre corses, dans un village, dans une région, avec des gens qui partagent la même passion que nous. Et aujourd’hui les réseaux sociaux et Internet permettent d’être connecté avec des gens à travers le monde qu’on ne connaissait pas forcément mais qui regardent dans la même direction que nous. Et donc aujourd’hui ce qu’on propose c’est de financer ces projets avec les gens qui nous entourent au quotidien mais aussi avec les gens qui partagent la même passion que nous qui sont à l’autre bout de la planète et qui peuvent nous permettre d’être autonome dans la réalisation de nos projets et dans la réalisation que l’on peut faire de soi-même.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *